Bibliographie

Bibliographie dans le livre de Dorothy Veinus Hagan (décédée le 20.11.1980 à Houston) A Composer and a Cause:

Bibliographie dans le livre de Ralph P. Locke (The University of Chicago Press) Music, Musicians, and the Saint-Simonians :


Dans le Félicien David de René Brancour :


Dans l’Histoire de Cadenet du dr. César Jacquème (1922) :


Dans le « Félicien David et l’aventure saint-simonienne en Orient » d’Arlette Millard :


Extrait de « Boussole » de Mathias ENARD, prix Goncourt 2015 :

CORRESPONDANCES :

En 2022, vu en salle de ventes une belle correspondance inédite de Félicien David sur la musique et la guerre de 1870 : avec Anne Cognasse de Lage (1844-1901), femme de lettres sous le pseudonyme de Simone Arnaud, qui a écrit notamment des livrets d’opéra pour Bourgault-Ducoudray, Coquard ou Lalo.

Lettre AS du 25 juillet 1869 : Il y regrette  » nos bonnes soirées de musique où je vous voyais si bien mettre le doigt sur les choses qui venaient du cœur. C’est que vous êtes une véritable pierre de touche. Elles vous étaient quelquefois mélangées d’un peu d’amertume ces soirées à cause de ma férocité sur la question du Rythme. Il faut de l’indulgence pour un vieil entêté qui a tant souffert des outrages faits à son dada « . C’est avec impatience qu’il écrit à sa correspondante attendre son retour pour recommencer :  » En attendant quand vous vous mettrez au piano, souvenez-vous des battements rythmiques du maître : le Rythme d’abord, l’expression après « …

Lettre AS de l’Estaque le 13 mai 1870 : Lettre lyrique sur son séjour au soleil, au bord de la mer au château Fallet à L’Estaque, près de Marseille ; mais il doit rentrer pour  » surveiller les dernières répétitions de Lalla Roukh que l’on va reprendre à l’opéra-comique « …

Lettre AS de Paris, le 16 août 1870 (un mois après la déclaration de guerre, après que les défaites sur le front est de début août aient conduit Napoléon III à céder le commandement militaire à Mac Mahon, ce qui n’empêchera pas la capitulation de Sedan le 2 septembre) :  » J’ai la fièvre depuis le commencement de cette malheureuse campagne. Je passe mes nuits et mes jours à me désespérer. Hélas ! tant de courage et d’héroïsme si mal dirigés ! […] Que de sang, que de douleurs encore pour arriver à la pacification universelle. Voilà encore des haines accumulées pour cinquante ou soixante ans entre la race latine et la race germaine […] Il y a des moments où je me prends à regretter d’avoir écrit le Rhin allemand**, moi qui ai chanté pendant si long temps (sic) la fraternité des peuples et l’amour de la nature « …

Lettre AS du 7 septembre 1870 (Les Prussiens vont encercler Paris) :  » Mon cœur saigne comme le vôtre. Dans quelques jours le Siège va commencer et le sort définitif de la France va se jouer. Quoi qu’il arrive, la France ne peut pas périr. C’est elle qui a affranchi les peuples de la féodalité « . Il explique ensuite devoir rester à Paris  » pour veiller aux manuscrits précieux de la bibliothèque du Conservatoire « ….

Lettre AS de Pau le 21 février 1872 : « J’ai beaucoup souffert de ces tueries, de ces haines acharnées, de cette humiliation de la France ». Mais, il garde sa « foi dans le progrès indéfini »…

Lettre AS du 13 avril 1875 : Il s’engage, sans rire,  » à donner dans la salle du Conservatoire, avec un personnel irréprochable, l’Eden. Cet engagement n’aura de valeur que si le soussigné gagne le gros lot de l’emprunt 1865 « …

**Chanson patriotique française du Second Empire : Paroles d’Alfred de Musset diffusée ensuite sur une musique de Félicien David…

Le Rhin allemand (Réponse française au ton nostalgique de l’épopée napoléonienne, faite en réponse à une chanson de genre équivalent et du même titre publiée en 1841 dans la Revue des Deux Mondes par l’auteur allemand Niklaus Becker) :

Nous l’avons eu, votre Rhin allemand,
Il a tenu dans notre verre.
Un couplet qu’on s’en va chantant.
Efface-t-il la trace altière
Du pied de nos chevaux marqué dans votre sang ?

Nous l’avons eu, votre Rhin allemand.
Son sein porte une plaie ouverte,
Du jour où Condé triomphant
A déchiré sa robe verte.
Où le père a passé, passera bien l’enfant.

Nous l’avons eu, votre Rhin allemand.
Que faisaient vos vertus germaines,
Quand notre César tout-puissant
De son ombre couvrait vos plaines ?
Où donc est-il tombé, ce dernier ossement ?

Nous l’avons eu, votre Rhin allemand.
Si vous oubliez votre histoire,
Vos jeunes filles, sûrement,
Ont mieux gardé notre mémoire ;
Elles nous ont versé votre petit vin blanc.

S’il est à vous, votre Rhin allemand,
Lavez-y donc votre livrée ;
Mais parlez-en moins fièrement.
Combien, au jour de la curée,
Etiez-vous de corbeaux contre l’aigle expirant ?

Qu’il coule en paix, votre Rhin allemand ;
Que vos cathédrales gothiques
S’y reflètent modestement ;
Mais craignez que vos airs bachiques
Ne réveillent les morts de leur repos sanglant.

Alfred de Musset, Poésies nouvelles. 1850.

LE RHIN ALLEMAND (Niklaus Becker)

« Ils ne l’auront pas, le libre Rhin allemand, quoiqu’ils le demandent dans leurs cris comme des corbeaux avides.

« Aussi long-temps qu’il roulera paisible, portant sa robe verte, aussi longtemps qu’une rame frappera ses flots,

« Ils ne l’auront pas, le libre Rhin allemand, aussi long-temps que les cœurs s’abreuveront de son vin de feu ;

« Aussi long-temps que les rocs s’élèveront au milieu de son courant, aussi long-temps que les hautes cathédrales se reflèteront dans son miroir.

« Ils ne l’auront pas, le libre Rhin allemand, aussi long-temps que de hardis jeunes gens feront la cour aux jeunes filles élancées.

« Ils ne l’auront pas, le libre Rhin allemand, jusqu’à ce que les ossements du dernier homme soient ensevelis dans ses vagues. »

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